C’est un aspect de mon enfance dont je ne parle pas beaucoup, et qui a pourtant caractérisé ma jeunesse.Il faut dire que je n’évoque que rarement les détails de mon enfance.
Mon père travaille dans l’hôtellerie, ce qui explique les nombreux déménagements que nous avons fait. Nous déménagions en moyenne tous les deux ou trois ans. En général, nous étions logé dans l’hôtel où mon père travaillais. J’ai donc passé plusieurs années de ma vie dans des Hilton et autres hôtels de luxe. En Turquie, à Izmir, nous habitions dans la suite présidentielle du 30ème étage. Là bas, j’avais pris l’habitude de prendre mon petit déjeuner -des mini viennoiseries et un jus d’orange – au bar du lobby, en attendant le ramassage scolaire.
Et on s’étonne que j’ai des goûts de princesse?
A Madagascar, nous appelions le room service ou nous allions au buffet du restaurant de l’hôtel pour dîner. La journée j’allais à la piscine, après l’école. Je m’amusais à appuyer sur tous les étages dans l’ascenseur et je retournais les pancartes “prière de ne pas déranger” accrochées aux portes des chambres. Avec le recul, je pense que tout le monde n’a pas du trouver ça drôle! Parfois, j’accompagnais ma mère chez le coiffeur et on me faisait des bouclettes, j’avais tellement de cheveux qu’en me les démêlant, une brosse s’était cassée au niveau du manche.
Aujourd’hui, je suis reconnaissante d’avoir connu cette vie là, d’avoir fréquenté ce milieu particulier, car cela m’a offert une certaine capacité d’adaptation. Mais ne croyez pas que j’ai toujours pensé comme ça: à cette époque je rêvais d’habiter dans une maison en banlieue, d’avoir des amis d’enfance et d’avoir une cuisine pour faire des gâteaux et préparer le dîner. Je me souviens d’ailleurs qu’en quittant Madagascar, lorsqu’un ami de mes parents m’avait demandé si j’étais contente d’aller à la Réunion, je lui avais répondu “oui parce qu’on aura une cuisine!”.





