D’hôtel en hôtel

21 Mai

C’est un aspect de mon enfance dont je ne parle pas beaucoup, et qui a pourtant caractérisé ma jeunesse.Il faut dire que je n’évoque que rarement les détails de mon enfance.

Mon père travaille dans l’hôtellerie, ce qui explique les nombreux déménagements que nous avons fait. Nous déménagions en moyenne tous les deux ou trois ans. En général, nous étions logé dans l’hôtel où mon père travaillais. J’ai donc passé plusieurs années de ma vie dans des Hilton et autres hôtels de luxe. En Turquie, à Izmir, nous habitions dans la suite présidentielle du 30ème étage. Là bas, j’avais pris l’habitude de prendre mon petit déjeuner -des mini viennoiseries et un jus d’orange – au bar du lobby, en attendant le ramassage scolaire.

Ma chambre ressemblait à celle-là

Hilton – Izmir

Et on s’étonne que j’ai des goûts de princesse?

A Madagascar, nous appelions le room service ou nous allions au buffet du restaurant de l’hôtel pour dîner. La journée j’allais à la piscine, après l’école. Je m’amusais à appuyer sur tous les étages dans l’ascenseur et je retournais les pancartes « prière de ne pas déranger » accrochées aux portes des chambres.  Avec le recul, je pense que tout le monde n’a pas du trouver ça drôle! Parfois, j’accompagnais ma mère chez le coiffeur et on me faisait des bouclettes, j’avais tellement de cheveux qu’en me les démêlant, une brosse s’était cassée au niveau du manche.

Mon terrain de jeu

Aujourd’hui, je suis reconnaissante d’avoir connu cette vie là,  d’avoir fréquenté ce milieu particulier, car cela m’a offert une certaine capacité d’adaptation. Mais ne croyez pas que j’ai toujours pensé comme ça: à cette époque je rêvais d’habiter dans une maison en banlieue, d’avoir des amis d’enfance et d’avoir une cuisine pour faire des gâteaux et préparer le dîner. Je me souviens d’ailleurs qu’en quittant Madagascar, lorsqu’un ami de mes parents m’avait demandé si j’étais contente d’aller à la Réunion, je lui avais répondu « oui parce qu’on aura une cuisine! ».

Le jour où on m’a oublié à l’école

3 Fév

A Madagascar, le matin c’était mon père qui m’emmenait très tôt à l’école, il venait me réveiller dans ma chambre, ensuite je prenais mes céréales et puis il me démêlait les cheveux. Un moment de torture qu’il a appris à gérer! Il prenait tous mes cheveux -et j’en n’avais pas qu’un peu-  dans son poing et serrait très fort, et maltraitait mes noeuds de l’autre main, mais je ne sentais pas grand chose tant il serrait!

L’après midi c’était ma mère ou ma babysitter qui venait me chercher. Un jour où j’avais mon cours de flûte (on m’a obligé, ne vous moquez pas!), on n’est pas venu m’attendre à la sortie. Chose inhabituelle. J’ai attendu, attendu, attendu toute seule, telle une pauvre enfant abandonnée… (musique mélodramatique). Puis quelques heures après, au moment où quelqu’un était venu me voir en disant qu’ils allaient fermer l’école, j’ai vu ma mère arriver en courant!

Quand elle était rentrée à la maison elle n’avait pas vu mon cartable, alors elle a compris qu’il y avait un problème, et elle est venue. Mais pour la petite histoire, ma babysitter avait flirté avec un cuisinier de mon père, et elle avait dit à son prétendant de dire à mon père qu’elle ne pourrait pas venir me chercher, mais son copain n’avait pas transmis le message. Et en plus ce jour là elle était à l’hôtel où on habitait. En tout cas elle s’est fait passé un gros savon par mes parents!

 

Piscine Party

24 Jan

C’est tout bête mais s’il y a bien une chose dont je me rappelle particulièrement bien, en pensant à la piscine de l’hôtel où nous habitions à Antananarivo, c’est ces insectes qui nageaient dans l’eau! Ça ressemblait à des scarabées qui nageaient la brasse. Ça ne m’empéchait pas de passer mes journées à la piscine mais dès que j’en voyais un à proximité, je sortais en panique de l’eau.

De la piscine je me rappelle aussi du snack-pizzeria qui était à côté: une petite baraque – avec un toit en paille grise – pour dépanner les clients gourmands. Mon père était le chef de cuisine de l’hotel alors j’avais accès libre aux cuisines. Et je peux dire que j’en profitais! Enfin, surtout dans la pizzeria! Je composais mes pizzas et faisais des expériences culinaires. En plus des pizzas, je pouvais également me servir en glaces! Je me préparais des bananas splits, des grandes coupes avec coulis de fraise, de chocolat, et j’ajoutais des montagnes de chantilly!

Toujours autour de cette piscine, j’ai fêté mon 8e ou 9e anniversaire avec mes copines: Sarah, Justine, Magali, Megane. Il y avait d’autres enfants mais je ne me souviens pas d’eux! C’était vraiment sympa. On s’était aspergé avec du Coca, et on avait joué à se pousser dans la piscine. Il y avait des jeux pour enfants à côté du court de tennis, à proximité du snack, mais ils étaient faits pour les jeunes enfants. Evidemment on n’avait pas tenu compte de ces indications et on avait renversé un des chevaux sur ressort.

Maudite Buick

22 Jan

On avait décidé de sortir un peu de Los Cabos, là où on habitait au Mexique. C’était parti pour un petit road trip direction Loreto pour aller voir les baleines ! On a beaucoup roulé, au milieu des étendues arides et des cactus, sur des routes longeant l’océan. On avait eu quelques problèmes avec cette vieille voiture américaine dont j’avais tant honte à l’époque ! Je me rappelle encore de ma tête quand mon père nous avait montré la « super voiture » qu’il avait achetée, je pensais que c’était une blague. Avec le recul je me rends compte qu’elle avait son charme cette Buick.

Cabo San Lucas, 2003

Cette chère Buick, après des heures de route, est tombée en rade, pas loin d’une ville – que dis-je-  un village, appelé Ciudad Constitucion. Après avoir trouvé une bonne âme pour nous remorquer, nous nous sommes retrouvés dans le garage de Constitucion. Nous nous attendions à redémarrer quelques heures plus tard et rejoindre notre ile aux baleines. Mais l’espoir fut de courte durée. Après moult allers retours sous le capot, le garagiste nous annonça qu’il avait besoin d’une pièce qu’il n’avait pas en sa possession.

Je me souviens encore de ce garage à ciel ouvert. Il y avait un vieux canapé sous un abri, et une télé en noir et blanc qui datait d’une autre époque. Après avoir regardé avec ennuie des telenovelas mexicaines, ma mère et moi nous sommes mises à fouiner dans les quelques vieilles boutiques en quête de quelque réconfort. Nous avions déjà fait 3 fois le tour de la ville, la fameuse pièce n’étant pas arrivée, nous avons dû nous résoudre à passer la nuit dans ce trou, puisqu’il n’y avait aucune agence de location de voiture ! Nous avons demandé le meilleur hôtel de la ville, le choix fut rapide puisqu’il n’y en avait qu’un. Arrivés dans la chambre, nous sommes resté prostré dans l’entrée : la chambre était on-ne-peut plus lugubre. Un vieux papier peint à moitié décollé, une lumière fatiguée, des dessus de lit d’un autre siècle et une douce odeur d’humidité.

Nous avons réussi à gagner Loreto dans la soirée, en taxi! Tous les moyens sont bons pour y arriver! Enfin prêts à aller admirer les baleines au large, le lendemain matin, tous nos espoirs sont tombés à l’eau quand nous avons mis les pieds dehors : un épais brouillard s’était couché sur le village côtier, impossible de naviguer par un tel temps. Le weekend touchait à sa fin, et nous avons du prendre la route du retour, en taxi. Petite escale à Constitucion pour récupérer la voiture, puis retour à Cabo. Soulagés de retrouver nos lits douillés, et – je l’avoue – un peu amusés par l’expérience burlesque de ce weekend plein d’imprévus!

28.06.90

19 Jan

C’est un beau jour d’été que je suis née. Dans une cité balnéaire qui a vu naître Brassens. Sète, jolie petite ville du sud de la France. L’île singulière m’a accueilli sur sa colline. Ma petite famille avait passé la journée à la plage. Ce jour ci mon parrain était là,  j’ai rencontré mes grands-parents un peu plus tard. Mes parents m’ont appelé Laureline, leur première fille. Ils avaient 29 et 36 ans, et ce jour fut le début d’une grande aventure pour eux. Mon père fit la bringue toute la nuit dans son restaurant, Le Mogador, au Cap d’Agde. Ce n’est pas à Sète que nous habitions, mais la commune ne disposant pas de maternité, mes parents ont eu le choix entre deux villes voisines pour ma naissance, mais ma mère a refusé que je sois une Biterroise en délivrant à Béziers, c’est donc à Sète qu’ils sont allés.

C’est ainsi que tout à commencé, un beau jour d’été.